NOS ENGAGEMENTS – NOS COMBATS
Apprendre l’intelligence du changement
Changer. L’aspiration traverse nos vies, nos relations, nos sociétés et notre manière d’habiter le monde.
Mais l’action sans vision risque de n’être qu’agitation. Avant de chercher quoi faire, l’École Buissonnière propose de prendre un peu de hauteur :
d’où venons-nous, que nous arrive-t-il et avec quelles forces pouvons-nous composer ?
Sapiens : le besoin de changement
Depuis toujours, Sapiens explore, invente, transforme. Le feu, la roue, l’agriculture, l’imprimerie, l’intelligence artificielle jalonnent cette aventure.
Chercher des terres inconnues semble faire partie de notre histoire.
Sapiens : la puissance de la transmission
Tous les êtres vivants transmettent. Mais chez Sapiens, cette dynamique a pris des proportions uniques : il conserve, partage, combine et amplifie ses savoir-faire.
Cette accumulation est devenue exponentielle. Notre puissance technique grandit désormais à une vitesse sans précédent.
Sapiens : la transmission fragilisée du savoir-être
Pendant des millénaires, mythes, religions, philosophies et sagesses ont fourni des récits collectifs pour transmettre des manières d’être, de vivre et de donner sens à l’existence.
L’émancipation de l’individu a heureusement desserré leur emprise. Mais elle l’a aussi laissé davantage seul devant sa quête de sens, tandis que les anciens repères s’effacent ou se consomment désormais en quelques clics.
Nos savoir-faire accélèrent ; nos repères pour savoir qu’en faire ne suivent plus. L’écart se creuse.
Sapiens : un changement d’échelle
Cet écart rencontre aujourd’hui une situation inédite.
Anthropocène, dérèglements climatiques, effondrement de la biodiversité, ressources, technologies, bouleversements sociaux et géopolitiques : les phénomènes deviennent planétaires, multifactoriels, interdépendants. Leurs courbes se croisent, certains points de bascule se rapprochent.
Nous disposons d’une puissance sans précédent au moment même où les conséquences de nos choix deviennent plus difficiles à prévoir.
Quand changer ne suffit plus
Depuis un siècle, quelle effervescence ! Éducation nouvelle, non-violence, mai 68, hippies, contre-cultures, écologie, New Age, développement personnel, nouvelles spiritualités…
Toutes ont porté, sous des formes différentes, une même intuition : nous pouvons vivre autrement.
Elles ont laissé des transformations profondes. Mais la grande métamorphose espérée n’a pas eu lieu.
Pourquoi ?
Parfois de la naïveté : partir « la fleur au fusil », attendre d’une nouvelle ère ou d’une prise de conscience qu’elle accomplisse presque spontanément le changement. Parfois des idées fécondes mal comprises, des héritages rejetés en bloc, des stratégies insuffisantes, une méconnaissance des forces de conservation auxquelles toute nouveauté se confronte.
Une idée désirable n’est pas encore une stratégie.
Il faut peut-être commencer par changer… notre manière de changer.
L’abondance des possibles
Et voici une ironie nouvelle.
Une grande partie de ce qui était marginal hier est aujourd’hui disponible : méditation, CNV, thérapies, éco-psychologie, pratiques corporelles, alimentation, spiritualités, formations, reconversions, coaching…
Tout ou presque est à portée de clic. Quelle chance !
Mais comment choisir ?
L’abondance des chemins ne nous dit pas lequel emprunter. Et les moyens de discerner ne sont pas innés.
Avant de choisir une route, encore faut-il apprendre à lire la carte.
Les obstacles au changement
Les résistances sont d’abord extérieures : institutions, intérêts, habitudes collectives, organisations et systèmes cherchent naturellement à assurer leur continuité.
Mais cette confrontation entre ancien et nouveau se joue aussi à l’intérieur de nous.
Nous désirons la nouveauté tout en regrettant parfois qu’elle dérange le confort de l’ancien. Ce tiraillement n’est pas une absurdité de Sapiens : il traduit aussi une dynamique de la Vie avec laquelle nous avons la liberté de composer.
Apprendre à voir
Une carte n’est pas le territoire. Mais encore faut-il avoir les yeux permettant de la comprendre.
Nos croyances, nos connaissances, nos habitudes et notre culture déterminent largement ce que nous sommes capables de percevoir.
D’où l’importance d’une culture générale vivante : non pour accumuler des connaissances, mais pour multiplier les regards, confronter les points de vue, découvrir l’invisible derrière l’évidence.
Parfois, il faut le croire pour le voir.
Réapprendre la langue de la Vie
Notre modernité aime les mots de performance, compétition, domination, puissance, accélération.
La Vie en connaît d’autres : coopération, symbiose, robustesse, résilience, maturation, alliance…
Elle nous invite aussi à retrouver ce que nos systèmes de mesure négligent : le presque rien, le je-ne-sais-quoi, les liens, le sensible, l’attention, le moment juste.
Penser autrement demande aussi d’apprendre à parler autrement.
Avec quelle énergie agir ?
La peur, la colère ou la culpabilité peuvent provoquer un sursaut. L’École Buissonnière explore une autre énergie :
la Joie.
Pas une joie naïve ignorant les désastres. Une joie lucide, capable de regarder le réel sans être submergée par lui.
Aimer la Vie malgré tout : non seulement pour les roses, mais avec leurs épines. Consentir à la Vie sans consentir à tout ce qui arrive.
Beauté, émerveillement, gratitude, poésie peuvent alors nourrir une joie profonde, jusqu’à retrouver le sens premier de l’enthousiasme : une présence intérieure qui nous anime.
Une joie habitée.
La voie et les ambitions de l’École Buissonnière
L’École Buissonnière ne prétend donc pas ajouter la bonne méthode à toutes celles qui existent.
Son ambition est à la fois plus modeste et plus vaste : mieux équiper celui qui cherche.
Changer de regard. Penser autrement. Relier les savoirs. Expérimenter. Cultiver la joie. Développer progressivement son discernement.
Les formations, thérapies, pratiques, sagesses ou démarches spécialisées cessent alors d’être concurrentes : elles deviennent des ressources possibles, à situer, expérimenter et combiner dans une feuille de route personnelle et évolutive.
Former des chercheurs plutôt que des disciples.
L’École Buissonnière ne propose pas une destination.
Elle aide à construire une boussole.
La cruelle ironie de l’histoire
Pendant ce temps, le modèle dominant découvre créativité, coopération, intelligence collective, adaptation, communication, soft skills…
Il utilise déjà certains outils du « nouveau » pour assurer la continuité de l’ancien.
Et ceux qui aspirent à changer profondément le monde rechignent parfois encore à mobiliser pleinement stratégie, organisation, efficacité, technologies ou communication.
L’ancien apprend à changer pour durer.
Le nouveau doit encore apprendre à changer pour advenir.
Le bonheur de la fête des retrouvailles
Mais au service de quoi mettre cette intelligence du changement ?
Peut-être simplement pour retrouver ce que nos manières de penser et de vivre ont séparé : savoir-faire et savoir-être, raison et sensible, héritage et nouveauté, humanité et Vivant.
Retrouver notre relation à nous-mêmes, aux autres, à la Nature, au mystère.
Non pas revenir en arrière.
Entrelacer autrement.
C’est le sens des quatre voies explorées par l’École Buissonnière : Interdépendance, Résonance, Reliance, Alliance.
La pensée complexe, la culture générale, les pratiques et la Joie ne sont plus des finalités.
Elles deviennent des chemins de retrouvailles.
Avec soi. Avec les autres. Avec le Vivant. Avec la Vie.
Le bonheur de la fête des retrouvailles.